Si tu savais le don de Dieu et ce que c'est que le Ciel !...
Si tu pouvais d'ici entendre le chant des Anges et me voir au milieu d'eux !...
Si tu pouvais voir se dérouler sous tes yeux les horizons et les champs éternels, les nouveaux sentiers où je marche !... Si, un instant, tu pouvais contempler comme moi la Beauté devant laquelle toutes les beautés pâlissent !...
Quoi ! Tu m'as vue, tu m'as aimée dans le pays des ombres, et tu ne pourrais ni me revoir, ni m'aimer encore dans le pays des immuables réalités ?...
Crois-moi, quand la mort viendra briser tes liens comme elle a brisé ceux qui m'enchaînaient et quand, un jour que Dieu connaît et qu'Il a fixé, ton âme viendra dans ce Ciel où l'a précédée la mienne, ce jour-là tu reverras celle qui t'aimait et qui t'aime encore, tu retrouveras son coeur, tu en retrouveras les tendresses épurées.
A Dieu ne plaise qu'entrant dans une vie plus heureuse, infidèle aux souvenirs et aux vraies joies de mon autre vie, je sois devenue moins aimante !
Tu me reverras donc transfigurée dans l'extase et le bonheur, non plus attendant la mort mais avançant d'instant en instant avec toi qui me tiendras la main, dans les sentiers nouveaux de la Lumière et de la Vie, buvant avec ivresse aux pieds de Dieu un breuvage dont on ne se lasse jamais et que tu viendras boire avec moi.
Essuie tes larmes et ne pleure plus, si tu m'aimes !
En cette semaine sainte, soit accueillie parmis les Saints ma Mémé gateau ! Que le seigneur te permettre de retrouver ta fille, ma tata quiquine. Ton corps est délivré de toute souffrance maintenant. Quand maman m'a dit comment elle t'a trouvé je n'ai pu m'empêcher de dire que j'étais heureuse pour toi, mais si triste pour elle... Tu es partie quelques jours après avoir vu ta nouvelle arrière petite fille, tu as du partir heureuse, sans souffrir. Comme dit Ben, tu as vu tous tes arrières petits enfants ce week end, sauf Clément et Timothée... Ben m'a dit que tu ne voulais pas partir en dormant, mais que tu étais plus ou moins revenue sur ta décision ; alors je suis heureuse pour toi. Non mes larmes ne sont pas des larmes de joie mais des larmes égoistes, je ne pourrais plus aller te voir n'importe quand, le 10 avenue de la libération sera libre et j'aurais toujours ce point au c½ur en sortant de Carrefour et en voyant chez toi.... Mais bon, d'autres rideaux seront posés... La vie continue.
On regrette toujours, on se dit que l'on n'a pas assez dit "je t'aime" aux autres personnes, alors qu'on les aime. J'aime ma famille, j'aime très fort mon Papa et ma Maman, malgré toutes les choses que je leur ai dites, je les aime comme quand je leur disais "je t'aime chéri" à Papa car j'entendais Maman l'appeler comme ça... J'aime mes s½urs, mo bof, ma nièce, mes beaux parents, mes cousines, mes oncles, mes tantes et tout le reste...
Voila le temps des "j'aurais du". Toutes tes recettes de cuisines que j'avais récupérées et que je voulais en faire un livre. T'appeler plus. Quand les Tu m'as parlé des roches de Michelines dimanche et je t'ai dit "on verra" : maintenant on ne peux plus voir, je ne sais même pas de quoi tu me parlais... Voilà un an que j'ai acheté des lentilles et je n'en ai jamais faite car je ne savais pas comment les faire cuire. Ce week end je t'en ai parlé, pour faire ton petit salé, mais comme je suis débordée, je t'ai dit "oui oui" sans retenir en pensant que je t'appelerais avant d'aller chez le boucher, que tu cafouillerais un peu mais qu'au final ça serait bon...
Ce qui me fait le plus mal, c'est que Calyxte ne connaitra pas la super grand-mère que tu es. Ma mémé gateau, qui embaume tout l'escalier de l'odeur de ses crèpes, le cassoulet de mémé qui donne des petits désagréments à ceux qui apprécient, la choucroute où l'on se retrouve autour de ta table même si je n'aime pas le chou... et enfin le dessert avec tes délicieux gateaux qui prennent toujours une autre dimension quand ils sont ratés, mais qui restent toujours aussi bon.
Quand Granny m'a appelé, elle m'a dit "ça ne vas pas". J'ai eu peur qu'il soit arrivé quelquechoses, que les résultats de Papounet soient vraiment mauvais. Quand elle m'a dit que c'était toi, j'aurai pu ou du être rassurée –je ne sais pas comment dire- mais non... D'un coté j'ai pris conscience à quel point je l'aime mon Papa (et ma Maman)... Encore un moment de malheur dont je me souviendrais toute ma vie, comme celui ou l'on m'a envoyé –un samedi- dormir chez Tiphaine alors que j'étais en CM2. Dans la voiture, derrière la maman de Tiphaine qui conduisait, je regardais le coin de la rue de verdun et de la rue bokanowski et je me doutais que ma Tata quiquine était en train ou déjà partie. Quand Maman m'a appelé le soir chez elle, et qu'elle m'a dit "il faut que je te dise quelquechose" je savais que j'avais raison. C'est pour cela que je me rappelle chez Tiphaine... Ben m'a appelé ce matin, elle avait l'air bizarre mais ne m'a rien dit, je ne comprenais pas pourquoi elle m'appelais juste pour me dire "je n'ai pas le moral". D'un coté, je la remercie car j'ai bossé comme une folle aujourd'hui sur l'exposé de pharmacogénomique, comme pour rattraper un retard ou pour m'avancer, et je crois que j'ai eu raison...
La principale chose que je regretterai toujours, c'est que tu n'assistera pas à notre mariage, et ça j'aurai été tellement heureuse... Je savais qu'il fallait se presser, même si je ne savais pas vraiment pourquoi... Je voudrais aussi réussir cette année, mais je ne sais si j'y arriverais, mais je ferais tout pour que tu sois fière de moi.
Ca fait du bien de raconter tout ça.... Je sais que c'est la vie, mais c'est tellement plus facile quand c'est les autres.... (je suis méchante)